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Comment le calcul est fait

Une pension n’est pas un chiffre. C’est une suite d’opérations dont l’ordre change le résultat. Voici lesquelles, dans quel ordre, et ce que fait ce moteur quand il ne peut pas conclure.

La retraite de base

Trois facteurs, et un ordre qui n’est pas permutable

Le régime général calcule votre pension de base avec une formule courte. Sa brièveté est trompeuse : chacun des trois facteurs se construit lui-même en plusieurs étapes, et les intervertir donne un autre montant.

La formule régime général
Pension = SAM × Taux × (trimestres régime général ÷ durée de référence)
Code de la sécurité sociale, article L351-1
SAM : salaire annuel moyen. Dans le document qui vous est remis, chacun de ces trois termes est déplié en ses étapes, chiffres à l’appui.
L’ordre

Les six opérations, dans leur ordre

Chacune est appliquée au résultat de la précédente. Deux d’entre elles sont régulièrement placées au mauvais endroit, et l’erreur ne se voit pas : le montant reste plausible.

  1. Le salaire annuel moyen

    Chaque salaire annuel est d’abord écrêté au plafond de sa propre année, puis revalorisé, puis comparé aux autres. On retient ensuite la moyenne des meilleures années.

    salaire retenu = min(brut de l’année ; plafond de l’année) × coefficient de revalorisation
    Écrêter après avoir revalorisé, plutôt qu’avant, donne un salaire moyen différent.
  2. Le taux

    Le taux plein est de 50 %. Il diminue de 0,625 point par trimestre manquant — c’est la décote. Le nombre de trimestres manquants s’apprécie sur votre durée d’assurance tous régimes confondus, et non sur le seul régime général.

  3. La proportion

    Vos trimestres au régime général rapportés à la durée de référence de votre génération. Ce rapport est plafonné à 1 : cotiser au-delà n’augmente pas ce facteur-là.

  4. Le plafonnement

    La pension de base ainsi obtenue ne peut pas dépasser 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale.

  5. La surcote

    1,25 % par trimestre cotisé au-delà du taux plein. Elle s’applique après le plafonnement — et peut donc le dépasser. L’appliquer avant revient à l’effacer en partie.

  6. La majoration pour enfants

    10 % à partir de trois enfants, appliquée par-dessus tout, y compris au-delà du maximum.

    Code de la sécurité sociale, article L351-12
La première erreur des simulateurs

Deux durées, deux questions

Votre carrière porte deux compteurs de trimestres différents. Ils servent à deux choses différentes, dans deux facteurs différents de la formule. Les confondre est l’erreur la plus fréquente, et la plus difficile à repérer.

Exemple — carrière partagée entre deux régimes

Régime général 124 trimestres
Autre régime 44 trimestres

168 trimestres, tous régimes. Cette durée-là, et elle seule, détermine le taux : taux plein, décote ou surcote.

124 trimestres, régime général. Celle-ci, et elle seule, détermine la proportion.

Un outil qui ne pose qu’une seule question sur vos trimestres ne peut pas renseigner correctement les deux facteurs. Il en déduit l’autre — et cette déduction est une hypothèse, rarement annoncée comme telle.

Même piège, autre endroit

Deux compteurs d’enfants, deux questions

Vos enfants interviennent à deux endroits du calcul, et pas selon le même décompte. Un compteur unique produirait donc deux erreurs à la fois.

Les enfants ouvrant une majoration de durée d’assurance

Ce décompte-là agit sur le nombre d’années retenues pour le salaire annuel moyen.

Effet : la moyenne porte sur 25, 24 ou 23 années. Moins d’années retenues, ce sont les moins bonnes qui sortent du calcul.

Les enfants que vous avez eus

Celui-ci commande la majoration de 10 % appliquée à la fin du calcul.

Effet : à partir de trois, la pension est majorée de 10 %, par-dessus le plafonnement.
Le critère n’est pas « avoir des enfants ». Pour le nombre d’années retenues, le texte vise les assurés qui bénéficient d’une majoration ou d’une bonification de durée d’assurance au titre d’un enfant — ou d’au moins deux. Avoir eu un enfant n’ouvre pas automatiquement ce droit. C’est exactement le genre de nuance qu’une question unique efface.
Ce qui a changé applicable au 1er septembre 2026
Nombre d’années retenues pour le salaire annuel moyen
25 par principe → 24 (majoration au titre d’un enfant) → 23 (au titre d’au moins deux)
Décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026, Journal officiel du 31 juillet 2026, réécrivant l’article R. 173-3-2 du code de la sécurité sociale. Applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Majoration de pension pour trois enfants
+ 10 % du montant de la pension, à partir de trois enfants
Articles L. 351-12 et R. 351-30 du code de la sécurité sociale, inchangés. Les deux dispositifs sont distincts et se cumulent : l’un agit sur l’assiette, l’autre sur le montant.
Les pensions déjà liquidées ne sont pas recalculées : la mesure ne vise que les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Agirc-Arrco

La complémentaire, dans le bon ordre

Elle représente une part importante de la pension d’un salarié du privé — souvent le tiers, parfois davantage pour un cadre. Son calcul tient en quatre opérations, et leur ordre compte autant que dans le régime de base.

L’ordre appliqué retraite complémentaire
total des points → majoration enfants → coefficient d’anticipation → valeur du point
Accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017, régime unifié Agirc-Arrco

Appliquer le coefficient d’anticipation avant la majoration pour enfants ampute cette majoration d’environ un dixième de sa valeur pour toute personne liquidant avec minoration. Le montant obtenu reste plausible : c’est précisément pour cela que l’erreur passe.

Si vous ne connaissez pas votre nombre de points, il est reconstitué à partir de vos salaires, et le document indique alors qu’il s’agit d’une estimation.
Onze années

Ce que fait ce calcul quand il ne peut pas conclure

Entre 1982 et 1995, onze plafonds annuels de la sécurité sociale n’ont jamais été publiés en texte : les années 1982 à 1989, puis 1992, 1994 et 1995. Tout moteur de calcul rencontre le problème. Peu le disent.

Si votre carrière traverse ces années, l’écrêtement de vos salaires repose sur une valeur qui n’est pas certaine. Deux attitudes sont possibles : retenir une valeur vraisemblable et afficher un montant net et sûr de lui — ou mesurer l’incertitude.

Ici, le salaire annuel moyen est calculé deux fois : une fois avec l’hypothèse la plus basse, une fois avec la plus haute. Puis on regarde l’écart entre les deux résultats.

Si l’écart reste sous le seuil de matérialité
le résultat est annoncé comme déterminé — parce qu’il l’est
Si l’écart dépasse ce seuil
le document écrit : « je ne peux pas trancher »
et il dit pourquoi, et sur quelles années porte le doute

Un service qui vend un calcul a intérêt à toujours afficher un chiffre. Celui-ci accepte de ne pas en afficher un plutôt que d’en afficher un faussement précis. C’est la seule garantie qui vaille sur un sujet où vous ne pouvez pas vérifier vous-même.

Les limites, écrites

Ce que ce calcul ne fait pas

Ces limites figurent aussi dans le document remis. Les connaître avant d’acheter fait partie de l’offre.

  • Le minimum contributif

    Son écrêtement dépend de pensions que le questionnaire ne collecte pas. Ne pas l’appliquer minore les petites pensions : c’est le sens d’erreur choisi, celui qui n’enjolive jamais.

  • La pension de réversion

    Elle dépend de la situation d’une autre personne et de conditions de ressources qui ne sont pas demandées.

  • Le coût d’un rachat de trimestres

    Le calcul ne chiffre pas le prix d’un rachat, et ne dit pas s’il serait avantageux.

  • Les départs anticipés

    Carrière longue, incapacité, catégorie active : ces situations relèvent de règles propres. Les profils concernés sont écartés avant tout paiement, avec le motif.

Les dates comparées

Trois repères, jamais classés

Le calcul est refait entièrement à trois dates : l’âge d’ouverture des droits, un point intermédiaire, et l’âge du taux plein automatique. Ils sont présentés dans l’ordre chronologique.

Aucune date n’est jamais désignée comme la meilleure, et le tri par montant est interdit dans le code. Classer par montant reviendrait à recommander sans le dire. La comparaison vous appartient : le calcul vous en donne la matière, chiffrée et sourcée.

Ce service produit un calcul et des constats. Il ne délivre ni conseil juridique, ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.

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Cinq questions, 90 secondes, gratuites et sans compte à créer. Si votre situation sort du périmètre, l’outil vous le dit et vous ne pouvez pas payer.

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